La situation devient intenable mais nous ne voulons pas changer de décision, nous attendrons l’armée Russe sur place, advienne que pourra. Le village étant devenu trop dangereux nous nous abritons dans le bois de Saxenhausen, sans toutefois traverser le canal, à coté d’une petite ferme abandonnée, pour avoir un point d’eau. Nous sommes quasi seuls, la population s’étant enfuie. Nous creusons un abri. Il est impossible de dormir tant l’aviation et l’artillerie russes bombardent.

Nous restons ainsi une huitaine de jours vivant comme des sauvages, toujours aux aguets.

Dans la forêt, les tirs de mitrailleuses alternent avec ceux de l’artillerie et nous ne savons pas s’il s’agit de tirs allemands ou Russes.

Dans la ferme abandonnée nous trouvons un peu de farine et quelques animaux domestiques. Mes camarades ont creusés une sorte de four qui nous permet de cuire du pain.

Nous nous demandions comment cela va finir car nous étions toujours entre les Russes et les S.S.

Enfin le 27 avril 45 à 7 heures du matin, après une nuit d’enfer, nous sommes encerclés par l’armée Rouge. Le 28 septembre les soldats polonais traversent le canal et le 29 avril, cette fameuse armée soviétique que nous attendions depuis si longtemps arrive enfin. Notre joie est immense, nous sommes vivants et allons revoir la France.

Berlin libéré est sous la responsabilité du Général JOUKOV qui a perdu 100 000 hommes pour ouvrir sa route aux hauteurs de Sculow et 300 000 pour prendre la capitale du Grand Reich.

Le 24 avril, l’armée de JOUKOV fait sa jonction à Schönenfeld avec l’armée du général Russe Koniev, qui vient du Sud.

Les camarades qui nous ont quitté ont eu la chance de pouvoir passer par la dernière issue ouverte sur l’Ouest. Le lendemain il aurait été trop tard, l’étau russe s’étant refermé.

Lors de l’encerclement de Berlin les russes lancèrent 25 000 tonnes d’obus et engagèrent 25 000 canons,  soit une densité de 600 par km.

Depuis le 30 avril 1945 à 22 heures 30 le drapeau rouge flotte sur le Reichstag.

En ce qui nous concerne, le 29 avril nous étions toujours dans notre trou et il y avait encore des détachements allemands qui erraient dans la forêt.

Nous savons que les Russes sont au village mais comment sortir de notre repaire et les aborder ? Vers onze heures, nous nous dirigeons lentement et souvent  à plat ventre en direction du village ; nous essuyons une salve de mitrailleuses tirée on ne sait par qui. Par chance les balles nous ont sifflés aux oreilles, tous à plat ventre, mais personne de touché.

Tout doucement nous continuons d’avancer aux premières maisons du villages et nous sommes fort surpris de nous trouver au contact de l’armée Polonaise.

Ils nous ont tout de suite reconnus « les Franzouskis » l’un d’eux me donne une montre. Ils sont habillés d’une blouse kaki, mais l’uniformité ne règne pas, par exemple les troupes de choc revêtent diverses tenues. Le gros de l’armée n’est pas encore arrivé. Ils pavoisent les édifices de drapeaux rouges et placardent de grandes affiches un peu partout à l’effigie de STALINE.

Nous avons confectionné une sorte de drapeau Français à partir de chiffons et PANNARD le plantera pour rappeler la présence de notre petite communauté de prisonniers.

Des camarades pour s’amuser se mettent à carillonner et nous sommes en quelque sorte maître du village.

Les premiers détachements Russes arrivent et se demandent ce qu’il se passe dans le clocher

Nous nous mettons à rire en les voyant monter les escaliers fusil-mitrailleur à la main

«FRANZOUSKI » je crie : « TOVARITCH (camarade) KARACHO bon » et tous ensemble nous avons fraternisé et bien ri.

Apprenant qu’une kommandantur est installée, je m’y rends, prends contact  avec les deux officiers présents et réussis à leur faire comprendre que nous sommes vingt prisonniers de guerre français qui nous mettons à leurs disposition. Ils sont très corrects et joyeux de faire ma connaissance.

Je vais souvent  les voir pour mettre les choses au point ; nettoyage du terrain, renseignements sur les nazis et anti-nazis, le village est un peu désert car tous les étrangers de l’Est ont déjà regagné leurs pays d’origine et les évacués allemands qui ont réussi à gagner l’Ouest ne veulent pas revenir.

Notre vie reprends, DARROZE remet la boulangerie en route et les Russes nous cèdent 200 kg de farine tout en continuant de travailler pour eux.

Les jours suivant des troupes Russes avec chars, pièces d’artillerie, des colonnes de G.M.C. passent sans discontinuer. Dans leur hâte d’avancer le plus loin possible à l’Ouest, avant de faire jonction avec les troupes alliées, elles ne s’arrêtent pas. Les routes sont envahies, mais tout se passe bien pour nous jusqu’à l’arrivée des troupes non enrégimentées qui déferlent par milliers, à pied, à cheval ou dans des voitures tirées par des ânes ou des mulets. Celui qui n’a pas vu cela ne peut le comprendre ; c’est le pillage qui commence, ils tuent les animaux pour manger, recherchent les montres, les alliances, les bijoux, les vélos, etc.

Certaines histoires colportées et paraissant invraisemblables se déroulent sous nos yeux ; par exemple, un réveil se mettant à sonner les met en fuite. Ils recherchent les vélos mais beaucoup ne savent pas les monter, les accotements regorgent de vélos cassés ou crevés, ce qui fait notre bonheur, car nous avons volé dans le garage tout le nécessaire pour les réparations.

Avec ces Russes qui pillaient, se mélangent toutes sortes d’étrangers ; prisonniers de guerre, déportés politiques, déportés du travail obligatoire de toutes les nationalités et aussi des allemands déguisés avec toutes sortes de tenues, porteurs de brassards en tous genres.

J’ai vu des jeunes filles allemandes grimpées sur des chars Russes.

Dans toutes les guerres et les révolutions un armée victorieuse, tout le monde suit, mais une en déroute tout le monde se sauve.

Les maisons sont envahies, les meubles sont cassés et utilisés pour faire cuire les pommes de terre. Les soldat boivent le carburant des G.M.C. d’aucuns sont un peu malades ou  ivre. Pour les faire rire ils ont voulu que je goutte, il faut prendre un verre d’eau boire vite une petite gorgée, vite avaler cette sorte d’alcool à brûler et un peu d’eau pour enlever le mauvais goût, ça vous brûle un peu le fond de la gorge c’est pas mauvais.

Ils s’amusent comme des enfants, tirent des coup de feu dans les fenêtres pour casser les vitres ou avec les vélos ou les chevaux.

Un jour que nous étions sortis du village des balles nous ont sifflés aux oreilles, peut être nous ont-ils pris pour des allemands, car ils restaient encore quelques petits nids de S.S.

Beaucoup de femmes et de jeunes filles étaient cachées dans les caves du Sanatorium. Ma patronne et sa fille y était, les Mongols s’en aperçurent, ce fût de grandes orgies.

Ils s’est passé des choses incontrôlables par la jeune Kommandantur installée un peu partout ils n‘étaient pas méchants, mais c’était des hommes et ils voulaient des filles.

Nous aurions pu également nous installer dans une belle maison, mais nous nous sentions plus en sécurité dans notre baraquement ; ils n’osent pas trop s’en approcher par peur d’une plainte à la  Kommandantur. Ils ne savaient pas si nous étions Russes, ou Anglais ou Américains ; d’ailleurs ces hordes mongoles ne se comprenaient pas toujours entre elles, tant  elles parlaient des langages ou patois différents.

Les jeunes Ukrainiennes et Polonaises souffraient également du comportement des Mongols, mais qu’y faire ? Un officier Russe parlant un peu de Français m’a bien fait comprendre qu’on ne pouvait trop incriminer l’armée soviétique, car c’était  une marée humaine et hétéroclite qui déferlait, peut-être 18 millions d’individus en comptant tout.

à noter que les troupes régulières de choc, tanks, artillerie, ravitaillement, etc. qui étaient constituées d’effectifs à majorité urbaine, étaient très correctes. 

Dans la ferme où nous étions, nous avons caché une petite gamine de douze ans qui s’était toujours montrée gentille à notre égard : elle nous disait toujours bonjour et parfois avait apporté pour nos malades une soupe préparée par ses parents.

Voici un fait qui illustre bien la précarité de nos premiers rapport. Dans la nuit étaient arrivées de nouvelles troupes qui occupaient tout le village et quand DARROZE se rend à la boulangerie pour faire le pain il y trouve des dizaines de soldats un peux ivres. Ils ont découvert la fille de la patronne cachée depuis l’arrivée des Russes, moi je la connaissait bien puisque je faisais l’interprète lorsque mon camarade me demandait. Il revient en courant et me dit «Viens vite, ils sont une bande de fous, ils veulent la violer». Tout d’abord, je refuse, que pourrais-je faire ?   Comment faire entendre raison à des gens armés, un peu ivres que je ne connais pas. Cette jeune fille était très gentille et avec sa mère, nous laissaient écouter la radio. Mon camarade se fâche et me traite de dégonfleur, un mot que l’on  n’accepte pas en captivité.

Après quelques minutes de réflexions, je me décide et nous arrivons, nous trouvons la jeune fille roulée à terre qui hurle dans le fournil.

J’était en tenue kaki, blouson américain, avec brassard bleu, blanc rouge au bras droit. Quand j’entre, tous me regardent, je me fige dans un garde à vous impeccable, les regarde bien en face personne ne bronche et désignant la jeune fille je crie : «Dievouska Niémsé (demoiselle allemande), Nied  karacho pas bon». Je bondis sur elle et la mets dehors en la bousculant ; elle se sauve.

Et moi je sors mon paquet de cigarettes américaines et en offre à tous. Qui se sont mis à rire et à danser. C’étaient de vrai gosses, et il ne fallait pas se laisser intimider et encore moins en avoir peur.

Ils étaient craintifs et à part l’armée régulière toutes ces troupes qui devaient vivre sur le terrain conquis n’étaient pas mauvais et assez gais, ils aimaient se distraire dans une bonne entente de camaraderie.

Pendant toute notre captivité nous avons joué de bons tours aux Allemands et à l’arrivée de l’armée rouge de nombreux étrangers se vengèrent des traitements  subis, mais ce ne fut pas trop méchant.

Au printemps 1945, les allemands nous avaient fait creuser aux abords du village des fossés anti-chars et des emplacements pour mitrailleuses qui se révélèrent d’une totale inefficacité face aux gros chars russes.

Le camarade LIOUD au service du meunier alla trouver son patron et lui dit ; «maintenant c’est moi qui commande, donne moi ta boite de cigares, prends une pelle et nous allons reboucher les trous que tu m’as fait creuser», ce n’était pas trop méchant.

MONDESIR et LEVACHER eux sont allés chercher le cochon de leur patron pour faire la fête ; on a bien ri.

D’autres, avec les Polonais et les Ukrainiens se sont mis à piller les magasins de la grande  rue.

Un patron allemand, qui  avait fait la guerre 1914-1918, vient me trouver pour me dire qu’il était honteux de voir des Français se livrer au pillage. Il aurait voulu que je fasse la police. Je l’invite gentiment à s’adresser à la Kommandantur, chose qu’il se garde bien de faire et lui fait comprendre que toute tentative d’intervention ne servirait à rien étant donné l’arrivée, chaque nuit, de nouvelles troupes Russes, et qui sait si dans quelques jours tout ne sera pas détruit et nous avec.

En effet, les lendemains, la marée humaine des Mongols, prisonniers de guerre, déportés libérés, les étrangers de toutes les nationalités, déportés du travail obligatoire et soi–disant des soldats allemands qui fuyaient le front de l’est déguisés de tenues diverses pour manger et piller : la petite  kommandantur n’était pas en mesure de rétablir l’ordre.

Le 7 mai notre radio nous apprend la capitulation sans condition de l’Allemagne.

Nous sommes fous de joie, maintenant nous pensons bien sortir vivant de cet enfer et revoir la France et nos familles. 

Et bien non, la kommandantur, qui vient de renouveler son personnel, m’apprend l’existence d’un différend avec les Américains, ce qui compromet  notre rapatriement.

Le ravitaillement s’avère de plus en plus difficile ; il n’y a plus d’animaux domestiques et le gibier se fait rare.

L’état sanitaire se dégrade ; beaucoup d’animaux morts n’ont pas été ensevelis, les étangs sont pollués et dégagent de mauvaises odeurs, diarrhées et épidémies se propagent. Il y a chez les allemands beaucoup de suicides.

Peu à peu, les troupes se déplacent vers l’ouest et celles qui maintenant occupent le village fraternisent assez facilement avec les allemands et encore plus avec les Allemandes.

Chaque matin, je me rends à la kommandantur prendre les ordres, on parle beaucoup par gestes et un mélange de mots allemands, polonais et russes que j’avais appris avec mes camarades de travail. Cela nous fait rire, mais des rumeurs nous inquiètent ; il paraîtrait que les relation  Russo-Américaine se détériorent bien que l’Allemagne ait capitulé. Chaque nuit de nouvelles troupes Russes font route vers l’Ouest.

Ces faits ne nous rassurent pas, mais que pouvons-nous faire d’autre qu’attendre !!!…

Avec DARROZE nous avons trouvé un moyen astucieux pour récupérer quelques médicaments au profit de notre pharmacie de secours et aussi assurer notre ravitaillement. Vêtus de blouses blanches, les Russes nous croyant médecin, nous allons de maison en maison soigner les malades. Ayant souvent affaire à des soldats indisposés d’avoir un peu fait la fête, c’était facile de les soulager, un peu d’aspirine diluée dans l’eau fait merveille et nous profitions de leur reconnaissance  pour demander un sac de farine.

Ma patronne cachée depuis une dizaine de jours dans les sous-sols du sanatorium vint un jour en cachette me demander de récupérer les cadres photographiques de ses enfants accrochés aux murs du salon de l’hôtel. Bien que l’hôtel soit occupé par des officiers russes cela ne me posa pas grand  problème : je les connaissais un peu, ils étaient  sympathiques et l’un d’eux ayant étudié à Paris aimait me parler.

Un jour le feu s’est déclaré dans une partie du sanatorium, toutes les femmes qui s’y étaient réfugiées ont dû s’enfuir, mais le lendemain la kommandantur a remis un peu d’ordre et Russes et Allemands commencent à fraterniser.

Alors que tous les prisonniers et déportés de l’est regagnent leurs pays d’origine, nous restons là sans directives, il nous semble que nous revenons prisonniers.

Des rumeurs circulent ; on dit que la Russie va entrer en guerre avec les alliés.

Que deviendrons–nous en pareil cas ?… Ce n’est pas la joie !!!

Et voici les épidémies qui se déclarent, je n’y échappe pas, durant plusieurs jours je souffrirai de violents maux de tête accompagnés d’une forte fièvre, de diarrhée et d’une éruption de boutons. J’ai beaucoup souffert et mes camarades m’ont transporté chez le père SCHUTZE : la laiterie. Un docteur Russe du sana est venu m’ausculter et la vieille dame m’a soigné avec beaucoup de gentillesse et de dévouement. 

Le 16 mai je me sens mieux et commence à me lever. Apprenant qu’il y avait un camp de prisonniers français à DESSAU , localité assez proche, nous décidons avec quelques camarades de nous y rendre à vélo. Ils sont des milliers comme nous à attendre, j’ai même rencontré un camarade de Montigny : Maurice Château.

Nous rentrons le soir très fatigués à pied, des jeunes filles russes réglant la circulation dans un carrefour, nous ayant avec un joli sourire, volé nos vélos, trop heureuses de pouvoir s’amuser avec un vélo en état de marche.

Maintenant la kommandantur russe est bien organisée, l’ordre est rétablit et chacun peut y présenter ses doléances, les allemands également.

Suite aux bons renseignements donnés sur son compte, le père WETTER fait fonction de Maire et Chef du village, la vie reprends normalement. Ils nous délivre un ordre de réquisition pour prendre un cheval chez la Margott et un voiture chez ORTMANN, car je suis encore très fatigué suite aux épidémies.

Nous pensons partir sur l’Ouest, mais on ne nous livre pas l’ordre de départ.

Le  22 mai 1945 à 7 heures je suis appelé d’urgence, un ordre de départ m’est donné sur l’EST pour rejoindre des groupements sur KUSTRIN, la Pologne, rapatriement probablement par ODESSA, ils me font bien comprendre que par l’Ouest c’est impossible, il existe un différent entre Russes et Alliés. Que faire ? obéir. Nous quittons le village où durant cinq années nous avions tant souffert de l’exil, de la faim, des bombardements nocturnes et de l’éloignement de nos familles.

Nous arrivons à Oranienburg, il pleut et mal remis de ma maladie je suis très fatigué. Mes camarades m’invitent à monter dans la voiture qui transporte nos valises et notre ravitaillement.

Le soir nous sommes à Birkenverder et nous apprenons l’existence d’un camp français à quelques six kilomètres. D’autres colonnes nous rejoignent et bientôt  nous sommes des milliers s’étirant sur plusieurs kilomètres.

Tous les villages sont détruits et pillés. Il n’y a plus d’eau potable, plus de chemins de fer, plus d’électricité, plus de meubles dans le maisons, ces derniers ayant été utilisés pour faire cuire les pommes de terre. à noter que pour toute nourriture il ne nous reste que ces inépuisable patates.

La colonne est commandée par un lieutenant Polonais auprès duquel je prends les ordres pour mon groupe. Nous nous dirigeons sur Kustrin-sur-Oder, ça va mal, mais il faut suivre.

Le 23 mai nous passons à Strausberg. Nous sommes mélangés à d’autres colonnes formées de Belges, Italiens, Hollandais, Roumains etc. tous regagnant leurs pays d’origine, chacun traînant son paquetage qui, dans une brouette, qui, dans un landau, qui à l’aide d’un petit chariot. La nuit il faut tenir ses propres affaires  à la main sous peine d’être volé.

à Lindenberg nous trouvons une maisonnette pour nous abriter et pensons pouvoir y dormir tranquille. Hélas ? vers minuit nous sommes attaqués par des  troupes non enrégimentées qui probablement regagnaient leurs pays, revolver au poing, ils enfonce la porte, mes camarades me demande de leur parler, mais je me trouve plaqué au mur avec une arme sur la poitrine. Il est très difficile de me faire comprendre  « je crie Tovaritch, Franzouski »,  je ne peux pas certifier à quel peuple ces brigands pouvaient appartenir, il y avait tellement d’étrangers déguisés. Puis l’un d’entre eux se butte dans une valise qu’il me montre. J’ai tout de suite compris : les camarades leurs ont remis leurs valises. Nous voilà ruinés, encore une fois adieu biscuits de guerre et cigarettes.

Après plusieurs jours de marche dans des régions dévastées, près de la frontière polonaise, à Kustrin, nous recevons l’ordre de repartir sur l’Ouest et nous sommes dirigés sur Bukow, une sorte de complexe touristique aménagé dans la forêt, sans doute un ancien centre de repos pour l’aristocratie allemande.

Il reste de beaux sentiers, et de jolis petits chalets en planches vernissées, mais tout a été pillés et de belles bibliothèques incendiée étale à tous vents, ses livres aux trois quarts calcinés. Sur la colline de jolies petites maisonnettes parsèment la belle forêt et plus bas  nous découvrons ce magnifique plan d’eau où flottent des corps  noyés. Ils nous faut donc le nettoyer avec MAREY et d’autres camarades. Nous y avons retirés les corps de plusieurs noyés, l’un avait encore un mètre dans sa poche, probablement un menuisiers, car il y a eu dans toute l’Allemagne de l’est beaucoup de suicides.

Nous sommes assez nombreux dans ce villages sylvestre, des milliers de P.G.F.

Il y a des troupes Russes également avec leurs cuisines roulantes qui s’amusent avec leurs chevaux et beaucoup d’étrangers. Nous sommes logés dans une jolie maisonnette. J’ai à plusieurs reprises fait le ravitaillement avec des chauffeurs russes pour rapporter des pommes de terre, comme chef de plat d’un groupe d’une centaine d’hommes.

Je me souviens d’une région très boisée de superbes grandes forêts de pins.

Les Russes mettent à notre disposition un bureau pour que nous puissions correspondre avec nos famille. C’est curieux, des jeunes filles écrivent sur des registres nos noms et je ne sais quoi, c’est illisible. J’ai toujours pensé qu’il s’agissait d’un subterfuge pouvant laisser croire qu’on s’occupait de nous.

Le soir des jeux s’organisent ; matches de football ou de boxe, avec les Russes, les belges et des gens de toutes les nationalités. C’est à croire que les Allemands avaient, par prisonniers, déportés ou volontaires, séquestré le monde entier. Il y a aussi de la musique et des danses. Nous ne sommes pas malheureux, mais notre rapatriement n’avance pas.

J’ai eu l’occasion de parler avec des prisonniers qui s’étaient évadés en Russie et ils racontent les combats acharnés de Stalingrad et les comportements de tous ces gens, véritable marée humaine, que Staline a lancé sur l’Allemagne et Berlin.

Schématiquement on peut dire qu’il y avait une armée de choc composée de troupes régulières, disposant d’un armement de qualité des plus modernes, la grosse partie en provenance d’Amérique, qui procédait par encerclement, puis intervenait des hordes non enrégimentées, hommes et femmes armés de fusils, mitrailleuses et grenades qui avancent à travers bois pour nettoyer et occuper le terrain conquis.

Ils étaient souvent vêtus de haillons, avec des sacs pour leur protéger les pied, ni lavés, ni rasés, venant de toutes les régions de Russie, s’assemblaient par tribus et agissaient à leur guise sans contrôle.

Des officiers Russes m’ont dit avoir été obligés de faire intervenir tout ce potentiel humain pour vaincre les Nazis, n’étant pas en mesure de les enrégimenter il fallait pardonner tous les crimes ou exactions commis, c’était inévitable et nécessaire pour vaincre cette grande armée puissante et disciplinée.

Le 7 juin 1945, des camions russes (G.M.C.) arrivent à peut être plus de 1 000, je ne sais pas, et le 11 juin après avoir roulé pendant plusieurs jours des centaines de Km, nous arrivons sur l’Elbe au pont de Magdebourg, là deux officiers se saluent ;

            UN  RUSSE  ET UN AMERICAIN

Oui, le 11 juin 1945, nous passons aux mains des Américains.

Et le 12 juin 1945 aux Français à Maubeuge.

Deux jours de formalités : visite médicale et désinfection.

Vers le 14 juin à Paris

et le 16 juin 1945 à MONTIGNY   et tout cela pour la France, sans être rétribué – toute ma jeunesse perdue pour un fou nommé «Hitler»

 

À mon arrivée que vais je trouver ?

Tout d’abord celle qui m’attendait depuis cinq années (ma fiancée) tous deux heureux de se retrouver un peu fanés par les années et les privations.

Pas de temps à perdre nous fixons la date du mariage pour le 24 juillet 1945, pas de sous, pas de costume, le cousin de mon épouse me prêtera le sien .

Ma mère vieillie dans son exploitation en décadence, une de ses maison incendiée par les allemands (28 août 1944) par représailles.

Que faire ? partir sur Dijon ? on m’offre une place au ministère des anciens combattant à Dijon, mon  épouse dans les assurances.

D’autre part la reconstruction m’offre de remettre l’exploitation à neuf, ce que j’accepte.

Voilà comme tous mes camarades de mon âge, nous allons travailler, produire des tonnes de céréales, de lait, de viande. Achat de matériel pour faire tourner nos usines, afin de subvenir à cette France épuisée.

Labourage et Pâturage sont les deux mamelles de la France.


Lettre mariage

J’ai envoyé cette lettre le 22.11.1942.

 (prisonnier  de guerre banlieue berlinoise)

demande de Mariage par Procuration à Yvette, ma fiancée.

(réponse : aie confiance en moi j’attendrai ton retour.)

   
Lettre reçue fin 1943 au décès du père de ma future épouse. Le Service du travail obligatoire à la demande des Autorités Allemandes par Pierre Laval. Le 16 février 1943.
 

à MON RECIT

 ET POUR PLUS DE

COMPLEMENTARITE;

J'AI VOULU DONNER UNE SUITE

A LA LIBERATION DE BERLIN

 

SONT DONC RETRANSCRITES LES PAGES

DOCUMENTS ET PHOTOS

66 -A Mon Récit.
67 –Libération des Prisonniers de Guerre Français du Stalag III A.
68  -Plans des K° Français en Allamagne.
69 –Stalag –III A-camp ou j’étais prisonnier.
70 – Kommando N°532 à coté du camp de déportation de Saxenhausen.
71 - 16 janvier 1943 –MARIENFEL- bombardement-(57 victimes P.G.FRANÇAIS).
72 –BERLIN-BRANDEOURG – le Mur. en 1989. réunification en 1991.
73 –BRANDENBURG –BERLIN- carte en couleur –dessin du retour.
74 – 1932  L’hitlérisme en Allemagne-1940 guerre éclair-1944 le duel Staline Alliés.
75-Capitulation des derniers éléments de la Werhrmacht.-(pertes humaines)
76.-DE GAULLE A MOSCOU- 5.12.1944. nous sommes officiellement leurs alliés.
77 Le retour  à pieds , par bateau, par avion, en chemin de fer, (5 clichés)
78-L’Hôtel et le Sanatorium de Berlin ou j’ai travaillé cinq années.
79-19 avril 1945 les armées Soviétiques donnent l’assaut final sur Berlin (signatures)
80- En trois mois la faim peut abattre un homme (cinq clichés de mes camarades)
81- Joukov au Nord de Berlin , et Rokossovki  s’apprêtent à l’ultime bataille.
82- Torgau en bordure de  l’Elbe le 25 Avril 1945-L’Est rencontre L’Ouest.
83-La prise du REICHSTAG.le 30.4. 1945.-Berlin occupé par les Russes.
84- a leur tour des centaines de prisonniers Allemands vont être dirigés sur la Russie.
85-1943 Hitler à Paris le 30 avril 1945 après la cérémonie de son mariage sablé au champagne avec Eva il se tire une balle de 7,65 dans la tempe, et son épouse avale une ampoule de cyanure. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas ?
86-Fiche de Démobilisation.
87- Ministère de la Défense- Soins Médicaux Gratuits.
88-Titre de Pension ( Photo )
89-Brevet de pension définitive –Guerre 1939-1945.
90- 1932 arrivée de l’hitlérisme-1940 la guerre éclair-1944 –le duel Staline Eisenhower qui sera le premier à Berlin.
91- Six mois du coté Russe-copie d’un camarade.
92- L’enfer de Dresde.  13 avril 1945 = 135.000 tués.
93-3 avril  1989 La Croix de Luckenwald occupé par les Russes.
94-95-96- clichés souvenir de Colombey les deux églises.
97- Courrier des lecteurs LE BIEN PUBLIC.
98-et 99- Central d’Archives .M.T.Raymond secrétaire des Anciens Combattants
100- Récit d’un ancien camarade-effectif Russes et Allemands en avril 1945.
101 –102-années d’après guerre-voyage en Allemagne
103- ( souvenir de notre vie avec mon épouse Yvette. )

 

BERLIN-LUCKENWALDE-STALAG III A

 

LIBéRATION DE PRISONNIERS DE GUERRE FRANÇAIS

Qu’étions nous ?

Des soldats qui venaient de perdre la guerre, dans la plus grande humiliation des hommes qui pendant des jours, avaient été à la merci des bombes et des balles ennemies.

Nous voilà enfermés dans des wagons à bestiaux pendant des jours exténués, mourant de faim, dans les Stalags.

Enfermés dans des baraques sans hygiène, nous étions dépouillés, puis des séances de désinfection, tondu de tous poils, objets entre les mains de nos geôliers. Sans aucun égard pour notre pudeur, soumis au marché des esclaves, des êtres soumis, sous la menace constante du fusil, enfermés dans les barbelés, surveillés nuits et jours depuis les miradors, exposés dans notre faiblesse à toute maladie.

Des prisonniers avaient l’idée de s’évader, quelques uns le risquait, sachant qu’une évasion manquée conduisait à un camp disciplinaire, et représailles pour ses camarades.

Nous marchions par la crainte, en faire le moins possible et à l’occasion, saboter le travail.

C’est avec joie que nous avons appris, la reddition du feld-maréchal Von Paulus à Stalingrad.

Par notre poste clandestins et nos employeurs anti-nazis nous savions que le 30 novembre 1942, 22 divisions allemandes étaient encerclées et que le 2 février 1943 l’armée allemande était en déroute sur tous les fronts.

Notre poste nous annonçait les milliards votés par le parlement Américain au budget de la guerre et nous étions bien placé pour en avoir la preuve puisque chaque nuit malgré les pertes subies, le lendemain les quadrimoteurs venaient de plus en plus nombreux.

Puis dans le village en 1943 tous les hommes valides mobilisés et nos gardiens supprimés sont envoyés sur le front Russe.

Les anti-nazis de plus en plus nombreux, aussi heureux que nous le 6 juin 1944 de nous annoncer le débarquement tant attendu.

 

STALAG-III-A

LUKENWALDE

  (camp ou j’étais prisonnier)

Avant la guerre c’était un camp de tir de l’armée allemande.

En France nous avions Coëtquidant-Mailly-Mourmelon-Suippes où moi même, avec mes camarades nés en 1914, nous avons effectués nos deux années de service militaire en 1936 et 1937 (loi des classes creuses suite de la grande guerre 14-18).

Pendant la deuxième guerre Mondiale ce camp de Lukenwalde fut utilisé comme Camp de triage des prisonniers de guerre français et russes de la zone berlinoise.

Les quatre stalags Français : III-A, III-B, III-C, III-D.

Plusieurs centaines de milliers furent répartit  au centre de Berlin et sur toute la banlieue, dans les usines, les chemins de fer, chez les artisans, le commerce, les hôtels et l’agriculture, petits agriculteurs et les grosses exploitations je pense de l’état, (il a été dit qu’une grosse concentration de prisonniers de guerre Français avait placée à cet endroit pour soulager les bombardements sur Berlin).

De 1940 et 1941 des milliers sont morts de faim et de maladie. Chaque matin une voiture ramassait les morts de la nuit pour les ensevelir dans le charnier qui se trouvait au fond du camp.

L’armée Soviétique a réservé à cet endroit une jolie place boisée de pins et très bien entretenue par la ville de Lukenwalde où sont érigés les trois monuments :

-          Le monument Soviétique sur lequel est gravé la faucille et le marteau.

-          Le monument Français représenté par une croix de plusieurs mètres de hauteur sur laquelle est fixé un christ grandeur nature.

-          Et le monument Italien : je pense que Staline a voulu remercier l’après Mussolini.

En l’année 1989 lors de ma visite avec mon épouse, il était interdit de prendre des photos, mais la secrétaire de Mairie qui nous accompagnait m’a donné l’autorisation de prendre un cliché du monument Français.

à notre arrivée en 1940 ce camp était doté d’une bonne organisation de jolis baraquements en planche, distribution des cuisines impeccable. Hélas cet arrivée de milliers de prisonniers de guerre dans un état de santé précaire leur a posé des problèmes insurmontables.

Je tiens à dire qu’il n’y à pas besoin d’autorisation pour visiter, c’est un lieu de promenade, (seul le champ de tir était interdit en 1989).

Kommando 532 Sommerfeld à coté du camp de déportation de Saxenhausen

100 167 morts sur 200 000 détenus

Ils ont été libérés le 22 avril 1945 avant l’arrivée des Russes et avec mes camarades nous avons assistés impuissants à ce spectacle d’horreur. Situé dans la forêt toute proche personne n’en connaissait l’existence et je n’ai jamais eu connaissance d’un bombardement à cet endroit.

Mes camarades se souviendront longtemps de cette terrible nuit de l’année 1943. Le 16 janvier 1943, date du bombardement de nos camarades de Marienfeld qui fit 57 victimes de P.G. Français

Nous étions 17, cadenassés dans notre cabane, lorsque vers minuit les premières bombes arrivaient sur nous. Notre gardien, un froussard, au lieu de nous ouvrir pour gagner nos abris, se réfugia dans une cave, d’aucun à plat ventre sous les lits et la tête protégée par une couverture.

Une chance ce n’était pas des incendiaires, mais des soufflantes .Notre toiture s’envola je ne sais où, mais notre plafond en brique a très bien résisté. Dès l’alerte terminée notre gardien est venu nous ouvrir, pour porter secours aux maisons voisines, la laiterie Schutz, personnes âgées sous les décombres de leur maison rasée.

Avec nos camarades Polonais et Ukrainiens nous nous sommes empressés de les sortir indemnes de cette fâcheuse position, puis les jours suivant nous avons été réquisitionnés au nettoyage du terrain. Il n’y à donc pas eu de victime, que des chevaux et des jeunes bovins.

Notre K° étant passé de 17 à 35, notre toiture a été remise à neuf avec en plus une deuxième baraque en planche préfabriquée et une troisième réquisitionnée.

Toutes les nuits le même cinéma, bombardiers, chasseurs, combats aériens, fusées éclairantes, batteries anti-aériennes et les puissants projecteurs qui se croisaient en fouillant le ciel pour prendre les quadrimoteurs canadiens sous leurs feux, avec les grappes de phosphore qui descendaient du ciel le spectacle était magnifique.

à la sirène les peureux se sauvaient aux abris, les autres criaient :  «dégonfleurs !» et continuaient les cartes . Mais un beau jour c’était une alerte sur Berlin, des camarades étaient déjà à l’abri lorsqu’un bombardier a lâché un chapelet de bombes. La fenêtre s’est entrouverte dans un vacarme épouvantable, le jeu de carte à monté au plafond, tous se sont sauvés à l’abris, on en a bien ri !.

En 1944, ils arrivaient par milliers bombardiers et chasseurs. à l’alerte j’étais parfois obligé d’aller aider mes camarades à l’hôtel pour descendre les objets de valeurs. Un bombardier a explosé au dessus du village, un moteur est entré dans la toiture, nous avons tous sautés dans l’escalier et roulés les uns sur les autres.

Plusieurs aviateurs canadiens ont été tués et inhumés correctement dans le cimetière du village. Avec mes camarades nous sommes allés fleurir leurs tombes.

Un autre appareil a été abattu dans la forêt, les aviateurs indemnes ont été conduits au poste de police et nous avons pu avoir un contact furtif avec eux.

Lors d’une autre alerte une bombe à retardement est tombée dans la cour du copain Marey puis beaucoup dans la forêt proche.

BERLIN et sa banlieue ont subi de 1940 à 1945 340 bombardements avant l’arrivée des Russes. Les Russes 7 500 avions, 6 250 chars, 41 000 canons firent littéralement office de rouleau compresseur.

 

MARIENFELD III-D, 16 JANVIER 1943

LE BOMBARDEMENT DE NOTRE CAMP. 57 VICTIMES P.G. FRANÇAIS

journal des prisonniers de guerre. Le lien, notre Ko 532 Sommerfeld à la même époque voir livre

Le soir du 16 janvier 43 nous nous apprêtions à fêter notre aumônier Marcel Thiriet. Les sirènes ont retenti à notre grande joie «qu'est-ce qu'il vont prendre !» sans nous douter que nous allions être parmi les premiers destinataires.

Je sortais de ma chambre, intéressé par les bâtonnets au phosphore, sifflants éclairant fortement le camp. Une première bombe soufflante arrive suivie des premières bombes incendiaires. Le camp étant illuminé par les fusées éclairantes un premier mort renversé dans le couloir par une bombe extrêmement forte qui a bousculé toutes les baraques et fait la plupart des 57 victimes du camp qui a brûlé en entier. Nous avons entendu les cris de nos camarades resté dans les baraques incendiées sans pouvoir faire quoi que ce soit, l'un avait le ventre ouvert. Les survivants étaient dans le froid et ont été rassemblés dans une annexe épargnée par l'incendie. Le lendemain nous avons été transférés à Lichtenfeld, nous étions en surnombre, couchant sur des bancs ou sur la terre. Avec l'aumônier et des séminariste, dont René Housset, nous avons essayé d'identifier les victimes, ce qui était difficile. C'est là que le nombre des victimes a été connu 53 et 4 autres qui sont morts plus tard de brûlures. C'est bien entendu l'abbé Marcel Thiriet qui a présidé les obsèques de nos amis à Dobenitz dans un grande fosse. Les Allemands ont tiré une salve en l'honneur des Français victimes de «l'English terror angriff».

Liste des camarades victimes de ce bombardement

P.S : à signaler qu'il y a eu 430 bombardements sur Berlin et sa banlieue entre janvier 1943 et mai 1945.

MOULIN Auguste (Thuyets 07), LAUMY Félix (St-Sylvain 23), LANGLOIS Michel (Houilly-du-Houley 14 ), AMBROISE Armand (Romilly-sur-Andelle 27), FERNIER Alphonse (Epenoy 25), BENOIST Marcel (St-Pierre-des-Corps 37), JEGOU Yves (Coadout 29), DUFRONT André (Chéronnnac 87), ALOCHE Jean (Houilles 78), MOUNIER Gustave (La Rochelle 17), HURTAND Clément (Cabourg 14), LEBORGNE Hippolyte (Lépine 62), THIBAUT Gabriel (Serres-Castets 65), SIMONET Maxime (Bléville 76 ), GARANT Lucien (Maromme 76), LEOSTIC Pierre (Les Corvées-les-Yys 28), BONDON Serge (Bourges18 ), DESFRIECHES Edmond (Beuze-ville 27), SARCY Charles (St-Souplet 59 ), JALMET Jean (Paris 8e), ROSSI Adolphe (Boulzicourt 08), JOSSERAND René (Boissey 01), LANGUINIER Victor (Alençon 61), GALAIRE Julien (Fougerolles 70), ROUCHAUSSE André (Clermont 60), NORRE Maurice (Lascaut 23 ),  BERNHARD René (Jarville 54), BUXERAUD Jean (St-jean-Ligoure 87), BESSIERES André (Paris 10ème), BOUGE Pierre (Caen 14), CHANTEREAU Marcel (Vorges 02), COLLIN Bernard (Langres 52 ), COFIN Raymond (Warnecourt 08), DEGOUET Roland-René (Lisieux 14), FAUVEL Pierre (Ploërmel 56), DEMANGEON René-Pierre (Golbery 88), GOASGUEN Nicolas (Quernoraton 29),  LEVILLAIN Auguste (Eslettes 76 ), L’YAVANE Serge (Epernay 51), MAYERAS François (St-Laurent-sur-Gore 87),  MUREAU Camille (La Rochelle 17),  PESLERE Pierre (Fontaine-Ouverte 53 ), PLELAN Armand (Blelan-le-Grand 35), PUJO Prosper (Luz-St-Sauveur 65), RIFFAUD Émile (St-Pierre-de–Fursac 23), THOMAS René (Bar-le-Duc 55), PROUVERUA Bernard (Le Mans 72), THOMAS Victor-Jean (Perronne 80), TREILLES André (Millau 12 ), VERGUCHT Sylvain (Domont 78), CORNELLE Maurice (Montendon 25), BLOT Marcel (Bouzeville 27), ROULIN Georges (Drancy 93).

 

BERLIN, province du Brandebourg.

Est limité à l’est par la Pologne.-

-au 7ème siècle toute la région est habitée par les Slaves païens.

-après la disparition de la dynastie ascarienne en 1320, le Brandebourg passe aux Witteisbach et plus tard à la maison de Luxembourg.

En 1419 une nouvelle ère commence qui durera 500 ans. La famille de Hohenzollern est le berceau des électeurs de Brandebourg des rois de Prusse, à titre d’héritage, le duché de Prusse au début du 17ème siècle.

Durant la guerre de trente ans de 1618 à 1648, le pays est ravagé. Le traité de Westphalie lui rend des territoires.

Frédéric Guillaume 1er régnant à l’époque, promulgua l’Édit de Postdam.

-celui-ci garantissait aux huguenots ayant fui hors de France une série de droits et privilèges.

-20.000 huguenots venus de France, plus tous les étrangers, ce sont 300 000 qui vinrent s’installer dans le Brandebourg, qui grâce à leur connaissance et leurs capacités en tous genres, contribuèrent, à l’essor du pays.

Les qualités Prussiennes sont incarnées par Frédéric II, roi de 1740 à 1786.

Après la défaite infligée par l’Armée de NAPOLEON en 1806, Le Brandebourg reste le noyau d’une Prusse amenuisée.

en 1815 , il reçoit le statut de province Prussienne.

à la défaite Allemande de la deuxième guerre mondiale, Berlin est divisé en quatre zones d’occupation, U.S.A., Angleterre, France et Italie.

L’Union soviétique se retire en juin 1948 de la partie ouest, et réagit par un blocus.

Les Américains, les Anglais et les Français répondent en formant un pont aérien.

Berlin Est devient la capitale de la R.D.A. en 1949.

Un Ultimatum soviétique en 1958, plonge la ville dans une nouvelle crise. Pour mettre fin à l’exode de réfugiées passant de l’est à l’ouest, la R.D.A. fait construire un mur partageant la ville et c’est le 9 novembre1989 que la R.D.A ouvre le mur.

La réunification de l’Allemagne met fin à la division de Berlin, qui redevient capitale du pays en 1991.

 

 Luckenwalde : Camp de triage des prisonniers de guerre français de la zone berlinoise.

Jean Raillard   - fait prisonnier le 22 juin 1940, jour de l’armistice de Toul.

- dirigé sur le camp de Vaucouleurs

-  3 août 1940, arrivée à Berlin

-  4 août 1940, dirigé sur le camp de triage de Luckenwalde

-  20 août 1940, évadé sur un commando de travail n°532 situé entre Oraniebourg et Saxenhausen

De Sachsenhausen à Varsovie, à pieds. De Bukow à Magdebourg, camion. Varsovie à pieds, retour à pieds  

7 juin 1945, départ à l’ouest sur Magdeburg

Torgau (vers le 16 avril ), jonction des Russes et des alliés

20 avril 1945, arrivéedes Russes. Sept millions de civils allemands fuient devant l’armée Rouge, évacuation du camp de déportation de Saxenhausen. Nous décidons d’attendre nos libérateurs sur place puis délivrés les 27-28 avril 1945 et à leurs ordres.

22 mai 1945, ordre de départ sur l’Ouest ( Odessa )

23 mai, Strausberg, Kustrin, Francfort et fin mai retour sur l’est à Bukow.

7 juin, départ sur l’Ouest à Magdeburg aux Américains puis Maubeuge ( formalités et désinfection)

12 juin à Pariset enfin le 19 à Dijon

 

1932-Arrivée de L’hitlérisme en Allemagne (voter Hitler c’est voter pour la guerre )

1933 : France : il s’avèreque nous allons manquer de gradés (préparation militaire) j’accepte

1934 : à Vesoul (Brevet de préparation militaire, nous sommes plus 200 jeunes.

1935 : Hitler rétablit le service obligatoire en Allemagne, et dispose d’une puissante armée.

1935 : loi des classes creuses 14-18 :deux années de service militaire 1936 Joigny puis à Coëtquidant grandes manœuvres de la division Coloniale.

1937 : nommé chef de pièce à la 17èmeB, aux manœuvres de Mailly, Mourmelon, Suippes.

1937 : libéré du service actifle 15.10.1937, en disponibilité je suis les cours de s/off à Gray.

1938 : Hitler réoccupe la rive gauche du Rhin, puis l’Autriche (faiblesse de la France et des Anglais, qui sur le fait accompli à Munich, l’encourage à poursuivre cette politique de la force et en 26 jours du 1er au 27.9.1939 anéanti la Pologne sans que la France réagisse).

La Guerre éclair le 3.9.1939-Mobilisation Générale.

Ce jour à midi les cloches du village sonnaient à toute volées, le soir même à 18 heures tous mes camarades (les gosses de 14-18) arrivaient à Troyes, le lendemain le 223ème R.A.C. était formé. 18 septembre en position sur Forbach, fortifications ligne Maginot l’hiver sera rude.

1940 :10 mai la Wehrmacht perce le front Français à Sedan et le 14 juin les allemands occupent Paris, ce que nous ignorions, après un ordre de recul, forêt de Toul le 22 juin 40, encerclé par la cavalerie allemande. Un officier allemand nous fait comprendre que la guerre est finie. L’Armistice est signé (Pétain). Nous sommes plus d’un million faits prisonniers alors que nos camarades de Dunkerque sont déjà depuis un mois en Allemagne. Parqués comme des animaux à Vaucouleurs, et le 30.7.40 embarquement à Lérouville, j’ai 26 ans nous arrivons à Berlin honteux il ne nous reste que la peau et les os.

Et c’est par notre poste clandestin que nous apprenons que le 18 juin 1940, de Londres, le Général de Gaulle avait refusé l’Armistice «Ici Londres les Français parlent aux Français».

L’espoir revient

1941 : (par un anti-nazi) invasion de la Russie par la Wehrmacht, et les U.S.A apporterons Aide-loi Prêt bail(nous apprenons l’attaque surprise des Japonais sur Pearl Harbor ) qui vaentraîner les États-Unis en guerre. Le 5.12.1941 nos employeurs nous annoncentque les chars allemands sont à 22 km de Moscou. Stalinedemande auxalliés un deuxième front à l’Ouest.

LeGénéral Eisenhower est désigné commandant en chef des armées alliées.

1942 : nous étions déjà beaucoup plus libres, les armées allemandes proches de la déroute à Stalingrad. Tous les hommes valides mobilisés sur le front Russe et le 22 2 1943 le Général Allemand Von Paulus se rend, 22 divisions encerclées et la déroute sur tout le front.

Le duel Staline Eisenhower va commencerqui sera le premier à Berlin ?.

Dans le village nous restons 35 P.G.F.+ 40 camarades Polonais + 30 Ukrainiennes déportées.

Surveillés par la police, un peu tous frères sous les bombardements, 340 de 1943 à 1945 toutes les nuits, c’est comme l’orage on ne sais pas ci cela est pour nous ou pour les autres.

1943 nous n’avons plus besoin de poste clandestins les anti-Nazis nous renseigne Mussolini renversé, remplacé par Badoglio qui déclare la guerre à l’Allemagne.

1944 : 6 juin ce débarquement tant attendu, les allemands aussi heureux que nous. La peur des Russes qui écrasent tout sur leur passage. Le 17 janvier 45 les Russes s’emparentde Varsovie.

et février 45 :1000 bombardiers U.S. pilonnent Berlin. Le 16 Avril les Russes attaquent Berlin.Le 22 évacuation du camp de déportés de Saxenhausen, le 27 libérés par l’armée Polonaise et remis aux Russes à leurs ordres. Hitler se suicide le 30 avril 45 et la jonction des troupes alliées de l’est et l’Ouest le 3 mai à Torgau.

Différent entre Staline et les alliés.Nous seront dirigés sur l’est à Kustrin et rapatrié par Christian Fouché Ambassadeur de de Gaulle à Varsovie par Magdebourg mi-juin 1945.

Capitulation des derniers éléments de la Wehrmacht

La capitulation des derniers éléments de la Wehrmacht traqués par l’armée rouge dans lesruines de Berlin scellait l’effondrement du IIIèmeReich. Ainsi s’achevait une guerre qui avait fait plus de 30 millions de morts, dont plus de 20 millions pour la seule Union Soviétique.

Deux jours plus tôt le 30 avril, le principal responsable de ce massacre, Adolf Hitler, s’était, à 56 ans, donné la mort dans son bunker souterrain de la chancellerie, tandis que l’artillerie soviétique achevait de laminer ce qui restait de la capitale allemande, déjà fortement éprouvée par les bombardements aériens anglo-américains.

Le coup de grâce avait été porté à l’Allemagne nazie par une offensive soviétiquelancée deux semaines auparavant sur un front de 300 kilomètres de Stettin à Goerlitz, et partant des rives droites de l’Oder et de la Neisse. Son point le plus avancé, Kustrin, était situé à 80 km du cœur de Berlin.

L’opération avait mis en œuvre trois groupes d’armées commandées respectivement par les maréchaux Rokossovski (Nord), Joukov (centre sur Berlin), Koniev et la première armée ukrainienne (Sud).

Les moyens engagés (2,5) millions d’hommes, 41 000 canons, 6 250 chars soit 266 tubes et 40 blindés au kilomètre carré et 7 500 avions firent littéralement office de rouleau compresseur.

En face, la Wehrmacht, la «S.S »et 200 bataillons du « Volksturm » (milice populaires) soldats âgés, où se côtoyaient vieillards et gamins, hâtivement dotés d’armes hétéroclites, disposaient encore d’un million d’hommes, 40 000 canons, de1 500 chars et de 3 500 avions vite privés de carburant.

Un ordre du jour d’Hitler définissait leur mission : «défendre le verrou de Berlin à tout prix et saigner à blanc le bolchevisme».

Ce fut l’inverse. Certes 30 000 hommes de Joukov, tombèrent pour prendre les hauteurs de Seelow qui commandaient la route de Kustrin-Berlin, mais la ligne de défense allemande craqua assez vite sous le matraquage de l’artillerie soviétique qui tira plus d’un million d’obus les 16 et 17 avril (98 000 tonnes de munitions acheminées par 3 500 wagons jour après jour), les Russes refermèrent leur tenaille sur Berlin, sans pouvoir toujours intercepter les S.S.chassant sur les routes les détenus des camps de concentrations de SACHENHAUSEN, (ce camp, tout à coté du camp du k° 532 des prisonniers de guerre où nous étions, a été ouvert le 22 avril à 7 h du matin, mais comme nous étions juste sur le cercle au nord est de Berlin. Ils ont put passer à l’Ouest, hélas des milliers sont morts en chemin. Les lendemains nous étions encerclés, c’était l’enfer entre les SS et les Russes.

Le 22 avril, alors que l’armée rouge avait pratiquement investi Berlin (avec mes camarades nous sommes restés sous les bombardements jusqu’au 27 avril, jour de notre délivrance par l’armée Polonaise et de suite remis aux Russes), Hitler, abandonné, parle au chef de la «SS», Heinrich Himmler qui tentait à Lubeck de négocier un armistice séparé avec les Occidentaux, décida de rester dans sa capitale. S’imaginant que les armées Schoerner, venant de Bohême et Wenck, celle-ci supposée près de Postdam, pourrait redresser la situation, il illustra son jusqu’auboutisme en faisant pendre aux réverbères ceux qui parlaient de déposer le armes.

Le 26 avril alors que Russes et Américains ont fait leur jonction sur l’Elbe à Torgau, les troupes de Joukov au nord, et de Koniev, au Sud , approchent, maison par maison cave par cave.

 Pertes humaines et Militaires :total général 40 Millions de Morts

France : 180.000 déportés, plusde 100.000 P.G., 600.000 civils. Allemagne : 5 000 000

Grande Bretagne : 380 000. U.S.A300 000 militaires. Canada 40 000 (aviateurs). Italie 300 000. Pologne :6 000 000. Chine : 1 300 000. Japon : 3 000 000. Belgique :88.000 (etc.)

La Russie plus de vingt millions, beaucoup de Juifs déportés.

 

DE GAULLE A MOSCOU

CE QUE BEAUCOUP IGNORAIENT

 Dans notre petit K° par notre poste clandestin et des camarades travaillant chez des patrons qui frôlaient l’anti–nazis, noussavions que fin 1944 (vers le 11 novembre)DE GAULLE aurait signé à Moscou un pacte d’Amitié et d’Alliance Mutuelle Franco-Soviétique

De sorte que début 1945 nous étions, par ce pacte, officiellement leurs Alliés.

A partir de l’automne 1944 de nombreux Berlinois quittent Berlin pour venir se réfugier dans des cabanes préfabriquées dans la forêt, puis s’ajoute aux innombrables réfugiés de l’Allemagne de l’Est qui fuient devant l’armée Rouge.

C’est la capitulation qui approche, mais c’est triste en plein hiver de voir ces pauvres femmes avec leurs enfants enveloppés dans des couvertures sans ravitaillement. Beaucoup mourront en chemin de froid, des bombardements et de maladie.

Il nous était possible de nous joindre à eux, mais connaissant l’existante de ce pacte, notre devoir était de rester sur place et attendre nos libérateurs. Nous avions décidés d’en prendre les risques et nous l’avons fait avec mes 20 camarades.

----------------------------------------

CITATION

(in-citenso de la chronique du 20 siècle édition Larousse–p-653 )

DE GAULLE A MOSCOU

Le 5 décembre 1944 la délégation Française, conduite par le Général De Gaulle, poursuit ses entretiens avec les Soviétiquesà Moscou.

On prévoit des accords politiques et militaires, notamment en ce qui concerne les questions d’armement.

Un comité de cinq chefs militaires Russes a été chargé de l’élaboration des accords militaires.

Les questions relatives à la Méditerranée et la situation politique de la France et de l’U.R.S.S. dans les Balkans ont été examinées.

Il s’agit d’une part d’envisager un statut pour les unités de la flotte Soviétique stationnant en Méditerranée ; d’autrepart de préserver les intérêts des pays au Proche Orient.

Les problèmes algériens et du statut de Tanger ont été abordés.

Fin de citation

 

La ferme hôtel où j’ai travaillé cinq années du 20 août 1940 au 22 avril 1945

(délivré le 28 par l’armée rouge)

Les belles écuries derrière l’hôtel 

L’ancienne brasserie

De gauche à droite :

Habitation, restaurant, cuisines

En haut : chambres à louer

L’église protestante

Baraque en planches reconstruite après le bombardement

Effectif :40 P.G. logés sur 3 baraques, à droite et à gauche des arbres

Toutes les nuits, même cinéma. Les sirènes hurlaient vers 22h, ils arrivaient vers 22h30. projecteurs DCA, fusées, grappes de phosphore

Les jeunes Ukrainiennes se servaient du moulin à vent comme salle de danse. Le sanatorium de Berlin (50 hectares de forêt, lacs, promenades).A l’arrivée des Russes, les femmes et les jeunes filles se sont cachées dans les caves. L’endroit exact où nous avons été libérés, tout à côté du camp de concentration de Saxenhausen.

 

LUCKENWALDE BERLIN

16 avril 1945 les armées Soviétiques donnent l’assaut final sur BERLIN. Le 27 nous sommes libérés à 7 h du matin dans la forêt, à proximité du camp de concentration de Sachsenhaussen.

Depuis 10 jours nous étions cachés dans nos abris sans ravitaillement entre les S. S et les troupes soviétiques.

Dès notre libération notre chef de commando Raillardva prendre les ordres à la Kommandantur Soviétique.

Nettoyage du terrain, soins aux blessés, soldats russes épuisés de fatigue, soigner les malades du camps de concentration, car nous avions caché un Belge mourrant dans notre cabane et lui avons sauvéla vie.

Avec DARROZE ont arrive à remettre la boulangerie en activité, mais il nous manquait de la farine ; Avec des copains,on dévalise une pharmacie et des blouses blanches, pour se faire passer pour des docteurs. Beaucoup de russes avaient des maux de têtes, avec un peu d’aspirine, c’était facile de les guérir, ils étaient heureux,ce qui nous permettaient de demander un sac de farine.

Chaque matin, notre chef de commando recevait les ordres ;

Le 21 mai Raillard était appelé d’urgence à la Kommandantur.

Actuellement, il existe un différent : Russes- Américains et votre rapatriement par l’ouest est impossible. Votre départ est fixé pour demain matin à 7 h sur l’est. Après 5 années nous partions à l’opposé, le moral à zéro. 22 mai, traversée de Berlin en ruines ; le 24 arrivée à Strausberg. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes affamés partent dans toutes les directions, se volent entre eux. A Lidenberg, notre petite équipe est attaquée à minuit par des pillards ; sous la menace des armes, nous acceptons de donner nos valises. Enfin, à proximité de l’Oder, un officier polonais prend la tête d’une colonne de plusieurs milliers d’hommes, de toutes nationalités. Raillard est désigné chef de centaines pour les formalités et le ravitaillement avec des chauffeurs russes.

Le 25 mai, arrivée sur l’ Oder. Vers KRUSTRIN, il nous est impossible d’aller plus loin. Le 26, retour sur l’ouest, pour se fixer à BUKOW. A notre arrivée, il faut nettoyer le village, retirer les personnes noyées dans le lac, avec les camarades Marey, Darroze, Pannard, Nezet.

Le 6 juin, c’est le départ sur l’ouest, chargé par 50 dans les camions G.M.C. Le 8 juin, sur le pont de Magdebourg, un officier américain est au garde à vous. Les deux officiers russes et américains se saluent et nous sommes libérés par l’armée soviétique.

Année 2002, sur les 20 camarades volontaires dans l’armée soviétique, 17 sont décédés, nous restons donc 3.

A savoir MAREY Joseph 21120 TIL-CHATEL

              BARRAL Gaston, 3, place du marché34700 LODEVE

              RAILLARD Jean, 21610 MONTIGNYSUR VINGEANNE

 



En trois mois la faim peut abattre un homme.

C’est une barre de fer rouge qu’on vous enfonce dans de ventre.

On mange tout, de l’herbe, les animaux morts et des racinesd’arbre.

22 juin1940

Ligne Maginot

20 août 1940

Luckenwald

Mai 1941

Berlin

Pour stopper l’invasion Russe, les Allemands avaient mobilisés tout leur peuple valide de tous âges et de tous sexes. Et pour remplacer cette main-d’œuvre manquante, ils avaient déportés le monde entier, 1600 000 PGF, puis les déportés, les STO et enfin le 22 juillet 1941, lors de l’invasion de la Russie, des centaines de milliers d’êtres humains de tous les pays de l’Est.

C’est pourquoi l’agriculture et les usines d’armement ont tourné à plein régime pendant toute la guerre, jusqu’à la défaite, sous la crainte dans une discipline de fer.

Mes camarades ukrainiens Yanek et Sonia déportée à 15 ans (Ukraine) 1942. A nous 3 nous avions 25 laitières à traire matin et soir Nadia, Sonia et moi en mars 1945. Santé bonne, mais on en a volé du lait et bouffé des patates !

De gauche à droite Rokossovki et Joukov s’apprêtent à participer à l’ultime bataille. Joukov au Nord, où nous étions vers le 16 avril 1945-Rokossovki au Sud, délivrés le 29 avril à 7H par l’armée polonaise de suite remis aux Russes, et volontaires à leurs ordres avec mes 20 camarades. Journées inoubliables pour tous ceux qui sont sorti vivants de cet enfer.

Avides de participer elles aussi, les forces du Maréchal Koniev première Armée venue du Sud s’élanceront à leur tour dans la sanglante mêlée.

Staline, Roosevelt, Churchill. (Le chef des armées alliées était Eisenhower)

Aux Inaugurations des monuments aux morts de 14-18 nous les enfants pupilles de la Nation, bouquet de fleurs à la main une place d’honneur nous étaient réservée Discours, non c’est fini l’Allemagne est notre amie plus jamais la guerre .

A 16 ans dans nos petits voyages de sociétés, nous avions été visiter le Palais des Nations Unies, Verdun puis l’Ossuaire de Douaumont, et acheté de petits souvenirs marqués Made in Germany.

Oui déjà à cette époque nous avions de très bonnes relations avec le Président Allemand Hindenburg, hélas vers 1930 l’Allemagne commençait à subir une très grande crise économique presque six millions de chômeurs, c’est alors que le Président Hindenburg en 1933 appela Hitler, et ses amis politiques dont ceux ci établirent une dictature Nazie (éliminer tous les opposantsau régime.)

Ayant les pleins pouvoir Hitler prépara l’Allemagne à la guerre, les usines d’armements tournant à plein régime, ce qui réduisit le chômage, et je me souviens le Père Kir clamait l’Allemagne se réarme et personne ne fait rien. Le 23 août 1939 Molotov signa sur ordre de Staline le pacte Germano-Soviétique.

1 septembre 1939 invasion de la Polognece qui déclencha la deuxième Guerre Mondiale.

1942 L’Axe victorieux sur tous lesfronts paraissait invincible.

1943 L’U.R.S.S.seule contre tous. Staline après l’invasion des troupes Allemandes le 22 juin1941 c’est l’Armée Rouge qui va libérer toute l’Europe de l’est du joug Hitlérien avec ses soldats (18 Millions) les ÉtatsUnis fournissant l’armement (20.000 avions, 12000 chars, 8200 canons antiaériens,130.000 mitrailleuses, des millions de projectiles, 218 tonnes d’explosifs, des camions G.M.C le nombre est incalculable, nous l’avons vu puisque c’est eux qui nous ont ramenés à Magdebourg. (Russie du Nord au Sud=3000.kms-d’Est en Est =9000.kms).

C’est Staline qui organisa la défense de Stalingrad – qui fit basculer la guerre et l’anéantissement des Armées Allemandes le 2 février 1943 où le Général Allemand von Paulus signa sa capitulation ce qui marqua un tournant décisif de la deuxième guerre Mondiale et une certitude de la victoire à brève échéance.

(Staline Roosevelt Président des États Unis) son attitude énigmatique à son intention ayant fait craindre à Roosevelt qu’il ne donnât à l’Armée Soviétique l’ordre de marquer le pas. (duel Staline Eisenhower) Cette politique de guerre froide conduisit au blocus de Berlin par le rideau de fer.

(à noter 18 Millions d’allemands ont servi dans l’armée de 1941 à1945).

 

Torgau.

(L’Est rencontre l’Ouest)

 La 59e Division de la garde Soviétique et la 59e Division de l’Armée américaine se rencontrent à Torgau, en bordure de l’Elbe le 25 avril 1945.

A Berlin la situation est intenable les troupes Russes déferlent sans discontinuer qui poursuivent l’encerclement les 26 et 27 avril 1945 le cercle se ressert.

En ce qui nous concerne notre situation n’est pas brillante car nous nous trouvons juste sur le canal qui délimite l’encerclement parfois pris dans les combats de troupes Russes avec des nids S.S.

Enfin dans la nuit du 28 avril au 29 avril 1945 nous sommes délivrés par l’armée Polonaise qui avait traversé le canal et remis immédiatement aux Russes.

C’est donc le 29 avril 1945 à 10 h que je prends les ordres au bureau où deux officiers Russes sont installés dans le café face a l’église protestante.

Berlin 1945

LA PRISE DU REICHSTAG.

Staline qui redoutait quelque traîtrise de la part desAlliés, était bien décidé à conquérir Berlin le premier à n’importe quel prix.

L’attaque finale est lancée le 16 avril 1945.

Le Maréchal Joukov lançait la plus grande offensiveau Nord de Berlin, où notre petit K° N° 532 était basé, il enfonce le front vers le Nord–est de Berlin tandis que le Maréchal Rokossovki au centre, à partir des rives de l’Oder.

Les forces du Maréchal Koniev, venues du Sud s’élanceront à leur tour dans la sanglante mêlée .

Joukov après avoir perdu 100.000 hommes pour faire sauter le verrou de Berlin sur les hauteurs de Seelov et ouvrir sa route de Kukri (Kustrin) par un matraquage de plus d’un millions d’obus et de bombes, les Russes refermèrent leur tenaille sur Berlin le 30 avril 1945.

Notre petit K° 532 avons été libéré le 29 avril au matin.

Huit jours inoubliables pour ceux qui sont sortis vivant de cet enfer.

Déportés de toutes nationalités, allemands compris, prisonniers de guerre déportés politiques et du travail obligatoire de tous sexes, de tous âges enfants en bas âge des millions vont se trouver enfouis dans des ruines ou noyés après cinq années d’exil la veille de leur délivrance.

Dans chaque maison, chaque abri, des combats au corps à corps se dérouleront avec les Russes et les S.S.qui reçoivent des ordres sévères. C’est alors qu’Hitler donne l’ordre d’ouvrir les vannes de la rivière la Sprée, où toutes ces populations s’étaient réfugiées sous les bombardements des millions d’obus et de bombes où l’on ne s’entendait plus parler.

Du 22 avril au 30 avril 1945 jour du suicide de Hitler et son épouse Eva après la cérémonie de son mariage sablé au champagne sur son divan il se tire une balle de 7,65 dans la tempe et son épouse avale une ampoule de cyanure.

Suivant son ordre les témoins jettent un chiffon d’essence enflammé sur les corps.

 

Précédent... Suite...